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La DNP : Madeleine Dunoyer de Sgonzac, fondatrice de la DNP

Madeleine Dunoyer de Ségonzac nous raconte l’itinéraire de son cheminement.


Madeleine Dunoyer de Ségonzac  a travaillé de longues années avec des enfants handicapés malentendants.
Elle a fondé une Association "la joie de parler" dans le but de les aider à retrouver l’usage de la parole, et par le fait même, celui de la lecture et de l’écriture.
Madeleine nous a quittés le 20 septembre à l'aube de ses 95 ans. Elle fut une pédagogue innovante qui nous a transmis joyeusement un enseignement dont la richesse continuera à vivre à travers cette dynamique si créative.
 
Quand nous lui demandions de nous expliquer la Dynamique Naturelle de la Parole, elle racontait :
 
« C’est l’histoire du caillou un peu lourd qui dévale une pente enneigée, grossit et s’alourdit à chaque tour de de roue, sans faire de bruit. Quand il arrive en bas de la vallée où la température est plus douce, la neige a fondu, également sans bruit, elle est venue grossir lentement les petits ruisseaux qui se sont fait une joie de l’emmener plus loin, afin d’enrichir d’autres coins.
 
Le don le plus merveilleux que l’homme ait reçu après celui de la vie, n’est-ce pas celui de la parole qui fait de lui le roi de la création. Et pour cause ! De tous les bestiaux, tous les oiseaux du ciel et de toutes les bêtes sauvages, aucun, aucune ne parlait, impossible de communiquer. Mais Dieu créa la femme qui rattrapa le temps perdu. (On dit que les femmes sont bavardes !) et avec la femme, des enfants, de quoi communiquer du matin au soir et à longueur de vie.
– Mais revenons à ma parabole :
Le caillou, c’est moi. Une Sœur Missionnaire de Notre-Dame d’Afrique parmi d’autres.
La pente enneigée, c’est mon parcours chargé d’événements de toutes sortes, m’entraînant à descendre toujours plus bas vers les plus malheureux dans la communication.  "Aviez-vous un projet, des objectifs ?"m’a-t-on souvent demandé. Non vraiment, je n’avais aucun projet, aucun objectif précis, sauf celui de tout missionnaire qui doit servir le monde.
La neige qui s’est amoncelée autour de moi, ce sont tous ceux et celles qui m’ont rejointe, qui m’ont aidée, encouragée, entourée. Qui, en même temps que moi, ont expérimenté mes découvertes auprès des petits enfants de maternelle et des handicapés. Tant et si bien qu’il a été possible de mettre en place une formation qui a pris pour nom :  "Libération de la parole, par une libération du geste".
les petits ruisseaux qui ont fait les grandes rivières, nous ont emmenés à travers la France, la Suisse, le Canada, la Guyanne, la Californie et le Maroc. Comment ? Simplement, de bouche à oreille, par la joie et le progrès des enfants, le soulagement des parents trouvant des outils à leur portée et l’épanouissement des enseignants et éducateurs, stimulés par cette dynamique. »
Une méthode nouvelle ? peut-être? Quelque chose de plus souple, de très adaptable, dans la ligne de Marcel Jousse, par une dynamique ludique et artistique, pour la joie de parler.
Elle est née de deux grandes méthodes :
  • la méthode verbo-tonale du Professeur Guberina, de Zagreb, qui utilise le corps entier, les séquences rythmiques de base, pour faire jaillir la parole.
  • la méthode Martenot de peinture et de dessin, qui utilise le corps entier, les deux mains pour peindre et dessiner et donc exprimer l’être profond au-delà de la parole !
C’est une méthode psycho-pédagoqique qui fait de nous, non des professeurs d’art ou de grands exposants, mais des éducateurs par l’art. Ces deux méthodes se complétant, s’entrecroisant ont permis une concrétisation, une matérialisation des différents éléments de la parole. Enfin, les séquences rythmiques représentées par des morceaux de bois plus ou moins grands, manipulables à volonté, qui sont des moules pour la pensée et son expression linguistique. 
 

Parole enrichie à offrir gratuitement sans vouloir un résultat précis immédiat, sans ennuyer l’enfant par des répétitions. Non, quelque chose de semblable à ce qui se passe pour le fœtus pendant neuf mois dans le sein de sa mère, puis pour le bébé dans sa famille, autour de son berceau.
Tous les enfants devraient avoir le droit de profiter de cette dynamique, disent les maîtresses des maternelles qui utilisent cette méthode. Elles la trouvent précieuse pour permettre aux enfants d’intégrer corporellement tous les sons et se préparer au passage de la lecture à l’écriture.
 
 
Madeleine Dunoyer 



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